Le discours du chef de la direction lors de la collation des grades souligne et célèbre 150 ans de valeurs canadiennes

Le 23 juin 2017, Bharat Masrani, chef de la direction de la TD, a reçu un diplôme honorifique de la Schulich School of Business et a été invité à prononcer un discours lors de la collation des grades de la promotion de cette année.

Puisque la cérémonie se déroulait dans le contexte du 150e anniversaire du Canada, Bharat a indiqué que les diplômés de la Schulich représentaient la première génération de leaders qui définiront la trajectoire du Canada pour les 150 prochaines années.

Il a souligné que même si des changements se produiront inévitablement au fil du temps, il importe de demeurer attentifs aux aspects constants de la vie au Canada – l’ouverture, l’équité, la collaboration et la diversité.

Bharat Masrani a attiré l’attention sur le fait qu’au Canada, la diversité est vue comme un avantage concurrentiel, et non comme une faiblesse. Étant lui-même né et ayant grandi en Ouganda, il a confié ne jamais avoir été brimé en tant qu’immigrant au Canada dans sa quête pour atteindre son plein potentiel. Il a souligné l’importance d’une société inclusive, en faisant remarquer que le succès, sous toutes ses formes, repose sur les forces qui nous rassemblent, et non sur celles qui nous divisent.

 

Allocution de Bharat Masrani, chef de la direction de la TD

Très chers chancelier, président, membres du corps enseignant et du personnel de l’établissement, invités d’honneur, diplômés et parents, mesdames et messieurs…

C’est avec gratitude que je reçois ce diplôme honorifique. Voir mes efforts reconnus par une formidable école de commerce de renommée internationale et me trouver ici présent avec tant de membres du corps enseignant, d’administrateurs et de diplômés qui ont contribué à la formidable réputation de la Schulich School of Business – tout ceci rend cet événement très spécial pour moi.

Je souhaite tout d’abord féliciter la promotion de cette année. Il s’agit d’un moment extraordinaire dans vos vies, qui restera gravé dans vos mémoires. Repensez aux épreuves les plus difficiles que vous avez affrontées ici. Je sais qu’elles ont été nombreuses, car j’ai pris connaissance de votre parcours. Mais vous avez persévéré et vous quittez aujourd’hui la Schulich School of Business mieux préparés qu’à votre arrivée.

Je vous tire mon chapeau à tous – mais ne jetez pas les vôtres, conservez-les en souvenir de ce que vous avez accompli ici.

Le contexte dans lequel cette cérémonie s’inscrit rend cette journée d’autant plus spéciale. Cette année, le Canada célèbre ses 150 ans. Un tel anniversaire nous porte à réfléchir aux façons dont notre formidable pays a évolué au fil du temps.

Non seulement les changements continueront de se produire au cours des 150 prochaines années, mais ils surviendront plus rapidement et se répandront plus profondément que jamais. Le Canada est de toute évidence une nation en mouvement. Et c’est extrêmement stimulant pour chacun d’entre nous – et en particulier pour les personnes qui sont ici aujourd’hui – les membres de notre promotion – et qui occuperont demain des postes qui alimenteront notre croissance.

Nous devons aussi être attentifs aux aspects de notre vie dans ce pays qui sont demeurés constants au fil du temps et nous en réjouir. Je fais ici référence aux valeurs fondamentales qui nous sont chères… notre ouverture d’esprit, notre sens de l’équité et notre esprit de collaboration.

Au Canada, nous voyons la diversité comme une force – et non pas comme une faiblesse. Il s’agit d’un avantage concurrentiel important.

Dans le pays où je suis né et où j’ai grandi, on ne voyait pas les choses de cette façon. Sous le règne d’Idi Amin Dada, l’Ouganda a expulsé ma communauté en entier, dont de nombreux membres jouaient un rôle actif dans l’économie florissante du pays.

Depuis que je vis au Canada, on ne m’a jamais privé de mes chances de donner le meilleur de moi-même.

Et cela vaut aussi pour le temps que j’ai passé sur ce campus.

Maintenant, je vais vous parler d’une époque bien lointaine, pendant laquelle, croyez-le ou non, Dezsö n’était pas encore doyen. Toute l’école de commerce tenait dans un seul petit bâtiment et, je ne m’en plains pas, mais il n’y avait pas de salle à manger pour la direction et de conditionnement physique, de cours paysagées ni de services de conciergerie, comme c’est maintenant le cas.

Mais déjà à ce moment-là – et comme c’est toujours le cas aujourd’hui – le succès se mesurait à trois éléments : l’engagement, les capacités et le caractère des étudiants.

Regardez autour de vous – Schulich est l’un des établissements qui attirent les étudiants les plus diversifiés en Amérique du Nord. La plupart des membres du corps enseignant viennent de l’extérieur du Canada – et ils parlent plus de 35 langues. Dans la conjoncture économique mondiale, ce type de diversité présente de formidables avantages concurrentiels.

Si mon expérience au Canada s’est avérée positive, ce n’est pas le cas de tout le monde.

En fait, je pense que nous devons nous efforcer d’être une société encore plus inclusive – en particulier aujourd’hui, alors que des barrières se dressent partout dans le monde entre les forces qui cherchent à nous diviser et celles qui veulent nous unifier.

Je suis convaincu que le succès, sous toutes les formes possibles, repose sur les forces qui nous réunissent et non pas sur celles qui nous divisent.

Voilà pourquoi, en tant que Canadiens, nous devons demeurer d’ardents défenseurs de nos valeurs.

Vous allez tous jouer un rôle spécial à ce titre et, parallèlement, construire la société que nos citoyens veulent et méritent. Vous représentez la première génération de leaders qui définiront la trajectoire du Canada pour les 150 prochaines années. Il s’agit d’une responsabilité formidable et d’une occasion tout aussi importante.

Maintenant, étant donné que la plupart d’entre vous ont passé la majeure partie de leur temps ces deux à quatre dernières années dans les bibliothèques Scott ou Bronfman – c’est du moins ce que le doyen m’a confié – bon nombre d’entre vous ne se considèrent peut-être pas encore comme des « leaders ».

Et malgré ce que vous avez accompli jusqu’à présent, vous entrez peut-être dans le monde du travail en ressentant une certaine appréhension relativement à ce qu’il vous faudra faire pour atteindre votre plein potentiel et réaliser vos aspirations personnelles et professionnelles.

Laissez-moi vous faire part de certaines des connaissances acquises pendant ma carrière qui pourraient, dans une faible mesure, vous aider sur le chemin qui s’ouvre devant vous.

Selon moi, il n’existe pas de gène du leadership qui prédestinerait un petit nombre d’élus à motiver et à inspirer des groupes de personnes, et encore moins à prendre les décisions importantes qui aident les entreprises à réussir et à s’améliorer.

Le leadership s’acquiert grâce aux expériences vécues en grandissant, en allant à l’école, en faisant face à l’adversité et en remportant des succès.

Même si ces expériences ne manquent pas dans la vie, il est essentiel d’apprendre à en tirer des leçons. Cela commence par une philosophie très simple : ne jamais cesser d’être un étudiant, d’écouter, d’observer, de se lancer des défis et d’avoir soif de découverte. N’oubliez pas que vous avez deux oreilles et une bouche, alors écoutez deux fois plus que vous parlez.

En outre, à mesure que vous progresserez dans votre carrière, trouvez des façons de vous entourer de personnes plus intelligentes que vous. Les collègues sont souvent de formidables professeurs et ils vous aideront à progresser. Je peux vous assurer que c’est ce qui s’est produit dans mon cas – et c’est en grande partie à cela que je dois mon succès.

Tout ceci m’amène à une autre observation. Affirmer que le milieu des affaires est en constante évolution est en dessous de la vérité.

Les entreprises durables s’adaptent. Cela s’applique également aux personnes qui travaillent pour elles. Nous devons être disposés à perfectionner nos compétences et capacités et même, dans certains cas, la façon dont nous dirigeons.

Pour ce faire, vous devez être prêt à vous mettre au défi de vous améliorer comme vous ne l’auriez peut-être jamais cru possible. Il pourrait s’agir de la chose la plus intimidante que vous ferez au travail. Mais ne sous-estimez pas votre capacité à viser haut et à vous fixer des objectifs surhumains – vous serez surpris par ce que vous pouvez accomplir.

Une bonne dose d’humilité peut aussi servir. Il arrivera parfois – et honnêtement, cela se produira aussi bien dans votre vie professionnelle que dans votre vie personnelle – que votre approche déplaise à certaines personnes.

J’ai une règle de base qui m’a été bien utile : partez toujours du principe que vous représentez 50 % du problème. Il est plus facile de trouver un terrain d’entente et de résoudre les problèmes quand on prend conscience qu’on peut faire mieux. Et je peux vous dire que cette règle fonctionne aussi bien à la maison qu’au travail!

Bien sûr, le succès ne se définit pas seulement par ce qu’on accomplit, mais aussi par la façon de le faire. C’est même essentiel. J’ai parlé plus tôt de certaines des valeurs qui offrent au Canada un avantage concurrentiel.

Vous découvrirez que cela s’applique aussi bien aux entreprises qu’aux gens. Les valeurs comptent. Elles procurent une feuille de route vers le succès non seulement aux entreprises, mais aussi aux personnes qui y travaillent.

Les leaders à TOUS les échelons d’une entreprise doivent prendre cela à cœur. La façon dont vous vivez votre vie de 17 h à 9 h est tout aussi importante que celle dont vous la vivez de 9 h à 17 h.

Vous entrez dans le monde du travail dans une position privilégiée – en tant que diplômés de la Schulich.

De grandes attentes seront fondées sur vous. Au fil du temps, et au cours de votre vie, de nombreuses personnes – que ce soit dans votre vie professionnelle ou en dehors – se tourneront vers vous en quête de directives, de conseils, d’aide, de leadership et d’inspiration.

Cela vous demandera plus de temps et, par conséquent, davantage de sacrifices personnels.

Mais on vous fait un cadeau précieux, quand on se tourne vers vous pour obtenir de l’aide et qu’on vous fait confiance.

En fait, c’EST véritablement en cela que se reconnaissent les leaders – ils font en sorte que les personnes qui les entourent puissent réussir…

Et c’est ce qu’on vous demandera, car les gens croient en vous, ainsi que dans les trois éléments que j’ai mentionnés au départ, c’est-à-dire en votre engagement, en vos capacités et en votre caractère.

J’y ajouterai un quatrième élément : la confiance… la confiance que nous vous accordons tous!

Oui, le milieu des affaires dans lequel vous obtenez votre diplôme est bien différent de ce qu’il était quand j’y suis entré. Il est plus grand, plus concurrentiel, tout s’y passe plus rapidement, les défis et les occasions qu’il comporte sont différents, et bon nombre d’entre eux sont encore inimaginables.

Mais c’est un monde dans lequel, j’en suis convaincu, vous allez prospérer, car vous y êtes préparé grâce aux formidables acquis que vous avez obtenus ici. Vous avez ce qu’il faut pour changer les choses là où vous travaillez et pour les gens que vous servez. Votre présence se fera sentir.

Mais ne brûlons pas les étapes…

Prenez le temps de savourer ce moment très spécial dans votre vie. Faites preuve de gratitude envers tous ceux qui vous ont aidé à en arriver là – votre famille, vos amis, vos professeurs, vos mentors et vos collègues.

Je veux aussi remercier tout particulièrement vos parents et toutes les personnes qui vous ont soutenu. Il n’y a pas de mots assez forts pour vous remercier pour les sacrifices que vous avez faits pour les personnes qui vous sont chères et pour le temps que vous leur avez consacré. Vous aussi pouvez tirer une immense fierté de vos accomplissements.

Pour notre promotion, l’avenir s’annonce rempli de promesses et d’occasions. Je vous souhaite le meilleur. Je sais que de formidables choses vous attendent et attendent le Canada.

Merci.

Bharat Masrani

Président du Groupe et chef de la direction

Groupe Banque TD