Les étudiants canadiens font face à de nouvelles réalités financières à leur retour en classe

En mars dernier, lorsque les gouvernements du monde entier ont commencé à restreindre leurs économies et à exiger la fermeture des écoles et des lieux de travail afin d’endiguer la propagation de la COVID-19, les collèges et les universités du Canada ont évacué des milliers d’étudiants des campus et les ont placés dans des salles de classe virtuelles en quelques semaines.

Après quelques mois d’enseignement virtuel seulement, un grand nombre de collèges et d’universités s’apprêtent à accueillir à nouveau des étudiants dans des salles réelles et virtuelles.

Pour bien des étudiants, l’établissement dans lequel ils retourneront cet automne sera fort différent de celui qu’ils ont quitté en mars.

Dans de nombreux cas, les cours en personne ont été remplacés par l’apprentissage en ligne et les cours virtuels, et un grand nombre d’étudiants choisissent de rester à la maison familiale plutôt que de vivre sur le campus. En outre, les programmes d’échange et de stages et les emplois à temps partiel ont été annulés. Si l’on ajoute les bouleversements que la pandémie provoque dans les réseaux d’entraide entre pairs et dans la vie sociale, cet automne ne ressemblera à aucun autre de l’histoire récente.

« Beaucoup d’étudiants sont anxieux et s’inquiètent sérieusement pour leur carrière et leur avenir financier, ainsi que la manière dont ils vont pouvoir s’épanouir dans un environnement en ligne, tandis que d’autres sont plus curieux et plus engagés que d’habitude », dit Maurice Fernandes, spécialiste en cheminement de carrière à la faculté des sciences de l’Université Ryerson.

Étant donné les incertitudes et les défis que la COVID-19 a engendrés sur le marché du travail, M. Fernandes a constaté un intérêt accru pour les études supérieures chez certains étudiants de dernière année qui voient l’enseignement supérieur comme un havre de paix, un endroit où ils peuvent surmonter la tempête d’incertitude économique, ce qui leur permet de multiplier les perspectives de carrière après l’obtention de leur diplôme.

Évidemment, toute décision de prolonger les études postsecondaires comporte des considérations financières.

Quand un étudiant décide de se joindre à de nouveaux programmes ou de contracter des prêts étudiants supplémentaires pour l’aider à payer ses études en raison de la perte de revenus liée à l’annulation d’un emploi ou d’un stage, ses parents et lui devront probablement revoir leurs plans financiers.

Nouvelles considérations financières pour l’automne 2020

Grâce aux programmes d’aide gouvernementale, comme la Prestation canadienne d’urgence pour les étudiants (PCUE) et la Prestation canadienne d’urgence (PCU), et aux prêts d’urgence accordés de manière indépendante par certaines institutions, de nombreux étudiants canadiens ont eu accès à un soutien financier supplémentaire pour poursuivre leurs études universitaires pendant la pandémie.

« Les étudiants et les parents ont cependant encore beaucoup d’éléments à prendre en considération pour l’année à venir, et la planification financière sera vraiment importante pour eux », selon Julie Sutherland, directrice adjointe de succursale TD à Halifax, en Nouvelle-Écosse.

Mme Sutherland accueille généralement les parents et les étudiants à sa succursale avant le début de la nouvelle année scolaire pour répondre aux questions sur les lignes de crédit et les comptes de dépôt pour étudiants. Cette année ne fait pas exception, même si les particularités de leur situation financière ont changé.

« Les gens viennent nous voir pour obtenir les mêmes produits et services, mais c’est leurs dépenses qui ont changé », explique Mme Sutherland.

« De nombreux étudiants n’ont pas pu travailler au cours de l’été et ont plutôt reçu la PCU ou la PCUE. Avec l’apprentissage en ligne et la vie à la maison, les étudiants pourraient faire des économies importantes en ne payant pas de loyer ou en n’ayant pas à se déplacer. En revanche, l’apprentissage en ligne peut également entraîner une hausse des dépenses, par exemple pour payer l’accès à Internet et pour répondre aux besoins en matériel et logiciels informatiques. »

Mme Sutherland recommande aux étudiants de tenir compte des éléments ci-dessous afin de les aider à se préparer à l’année universitaire sans précédent qui s’amorce.

Mettre de l’argent de côté pour les impôts

« Ce ne sont pas tous les étudiants qui se rendent compte qu’ils devront payer de l’impôt sur les montants de la PCUE ou de la PCU qu’ils ont reçus; en effet, selon le site Web du gouvernement fédéral, ces montants sont considérés comme faisant partie de leurs revenus », déclare Mme Sutherland.

« Si vous avez reçu une de ces prestations, je vous conseille fortement de discuter avec un conseiller fiscal afin d’obtenir des conseils précis sur le montant à mettre de côté pour votre déclaration de revenus de 2020. »

Préciser ses nouvelles habitudes de dépenses et son budget

« Comme vos dépenses ont peut-être changé radicalement cette année par rapport à l’année dernière, il est important d’être honnête quant à vos habitudes de dépenses actuelles, notamment en ce qui concerne les achats en ligne, les plats à emporter et les autres dépenses liées aux loisirs effectuées pendant l’été, car il se peut que vous deviez modifier vos priorités à la rentrée scolaire », poursuit Mme Sutherland.

« Vous pouvez aisément faire le suivi de vos dépenses grâce à des outils comme Dépense TD, qui vous donne un aperçu de vos habitudes de dépenses actuelles. Une fois que vous avez un aperçu de vos dépenses et des dépenses prévues pour vos études, vous pouvez revoir votre budget et utiliser des outils comme la Calculatrice de flux de trésorerie personnel TD pour vous aider à respecter votre budget pour l’année scolaire. »

Utiliser l’épargne pour investir dans soi-même

« Si vous vivez à la maison familiale et que vous économisez sur le loyer ou les frais de déplacement, il est bon d’envisager d’investir en vous », conseille Mme Sutherland.

« Discutez avec un gestionnaire, Services financiers personnels de la possibilité de créer un régime d’épargne systématique et de mettre automatiquement de côté une certaine somme dans un compte d’épargne chaque mois ou toutes les deux semaines. Ce “fonds pour dépenses d’urgence” peut vous être utile tant à court qu’à long terme. »

Explorer les options de crédit

« Toutefois, si vous êtes aux études et avez possiblement besoin de fonds supplémentaires cette année, vous devriez examiner les options possibles de financement du crédit », conclut Mme Sutherland.

La TD offre une ligne de crédit étudiant. De plus, les étudiants ayant besoin d’un soutien financier peuvent également se tourner vers le Programme canadien de prêts aux étudiants offert par le gouvernement du Canada.