Les milléniaux canadiens souscrivent de l’assurance vie maintenant plus que jamais. Voici pourquoi.

À une certaine époque, l’achat d’une voiture, l’abonnement à un journal quotidien et la souscription d’une assurance vie étaient un rite de passage à l’âge adulte pour de nombreux Canadiens. 

Même si ces projets ne représentent plus exactement les jalons qu’ils ont pu être autrefois, les effets de la pandémie de COVID-19 ont contribué à faire monter en flèche l’intérêt pour au moins un d’entre eux : l’assurance vie. 

Selon TD Assurance, le nombre de Canadiens âgés de 30 à 40 ans qui ont cherché des renseignements sur l’assurance vie sur le site Web de TD Assurance a connu une hausse de 50 % en 2020, comparativement à 2019. L’intérêt des Canadiens de moins de 30 ans pour la souscription d’une assurance vie en ligne a, quant à lui, augmenté de plus de 30 % au cours de la même période. Celui des Canadiens âgés de 40 ans ou plus a également augmenté de plus de 25 %. 

Matthew Phillips-Brown, conseiller principal en assurance vie de la TD à Markham, en Ontario, a remarqué que beaucoup plus de clients, surtout dans la mi-trentaine, posent des questions sur l’assurance vie depuis quelques mois et attribue cette augmentation à quelques facteurs.  

Un signal d’alarme 

« Les choses se sont bousculées pendant la COVID-19. Comme nous sommes confinés à l’intérieur et que nous passons plus de temps en famille, il semble que nous avons eu plus de temps pour penser à protéger nos actifs et nos familles si quelque chose devait arriver », explique M. Phillips-Brown. 

« Beaucoup de gens dans la mi-trentaine, groupe d’âge ayant manifesté un grand intérêt pour l’assurance vie, ont de jeunes familles. Bon nombre de ces personnes cotisent à un régime enregistré d’épargne-études (REEE) pour leurs enfants, par exemple, ou veulent protéger d’autres actifs, comme leur maison, si quelque chose de malheureux devait arriver. » 

M. Phillips-Brown ajoute que quelques clients ont été étonnés d’apprendre que l’assurance vie peut servir à protéger le solde d’un prêt hypothécaire, les projets d’études des enfants et les économies accumulées pendant des années en cas de décès. « Je déteste l’idée qu’un de mes clients doive utiliser ces actifs pour assumer des frais funéraires ou les épuiser pour les utiliser comme revenu afin de payer les dépenses courantes, comme les factures de téléphone ou le loyer, alors qu’il est facile d’éviter ce fardeau financier à son partenaire ou à sa famille », ajoute-t-il.  

Une protection proactive du patrimoine 

M. Phillips-Brown croit également que les clients plus jeunes sont plus conscients de leur santé, ce qui a probablement suscité d’importantes conversations familiales sur la planification financière. 

« Un de mes bons amis, âgé de 35 ans et en bonne santé, qui s’entraînait tous les jours, a subi une crise cardiaque », raconte-t-il. 

« Heureusement, il se porte bien, mais cette situation a mené à des discussions sur la nécessité d’une assurance vie pour protéger sa famille et ses actifs. Je pense que les jeunes en général sont plus conscients de ce genre de situation et qu’ils sont proactifs en cherchant à protéger leurs proches et leurs actifs plus tôt. »  

La souscription d’une assurance vie n’est pas que pour les clients souhaitant protéger et transférer leur patrimoine à leur famille. Selon M. Phillips-Brown, les personnes célibataires auraient également besoin d’un petit montant d’assurance pour protéger leur famille des contraintes financières liées à des funérailles. 

« Bien des gens ont évité le sujet parce qu’ils ne veulent pas penser à leur propre mort ou parce qu’ils pensent que l’assurance vie coûte cher vu qu’on assure une vie », croit M. Phillips-Brown. « Comme l’assurance auto peut être plus coûteuse selon la situation, je comprends que certaines personnes puissent croire qu’assurer leur vie le serait également. Il faut renseigner correctement les clients, car cette assurance peut être assez abordable. » 

En effet, même si chaque compagnie d’assurance dispose de modèles de tarification différents, les primes d’une assurance vie sont principalement déterminées par l’âge et l’état de santé d’une personne. Plus le client est jeune, moins les primes sont élevées pour le même montant d’assurance et le même produit. Les primes sont généralement plus basses chez les femmes que les hommes parce que les femmes ont tendance à vivre plus longtemps. L’espérance de vie moyenne chez les femmes canadiennes selon Statistique Canada est actuellement de 84 ans, par rapport à 80 ans chez les hommes. Les hommes paient ainsi des primes plus élevées que les femmes parce que les compagnies d’assurance tiennent compte du risque plus élevé qu’ils représentent et du fait qu’ils devront probablement leur rembourser les sommes versées au titre de la police.

Demandes en ligne 

En raison des mesures de distanciation sociale et de confinement mises en place pour prévenir la propagation de la COVID-19, M. Phillips-Brown indique que de plus en plus de clients se tournent vers la plateforme en ligne de la TD pour souscrire une assurance vie, puisqu’un client peut obtenir une soumission en aussi peu qu’une minute et remplir une demande en moins de 10 minutes.

« Je regrette qu’il ait fallu les incertitudes d’une pandémie pour que cela se produise. Sans vous, il n’y a ni voiture ni maison », dit-il. 

« Les gens ont tendance à apprécier davantage ces choses qu’eux-mêmes, et cette constatation devrait les faire réagir. Je crois cependant que l’intérêt pour cette question ne faiblira pas. L’intérêt de protéger financièrement ses frères et sœurs, ses parents ou son conjoint, ou d’avoir un contrôle sur le transfert de son patrimoine à ses enfants est une chose positive et productive à laquelle chacun d’entre nous doit penser. »