Promouvoir les femmes dans le secteur technologique : questions et réponses avec Kirstine Stewart

La communauté de la technologie et de l’innovation du Canada connaît des lacunes en matière de diversité.

En moyenne, les femmes représentent seulement 13 % de l’équipe de direction des entreprises technologiques, et seulement 5 % des entreprises ont une femme comme seule chef de la direction, selon un rapport de 2017 de #movethedial, un organisme visant à renforcer la progression et la participation de toutes les femmes dans le secteur technologique.

Le 7 novembre, #movethedial tient son premier sommet mondial annuel à Toronto, qui comprend des tables rondes et des allocutions de femmes inspirantes du secteur technologique.

Kirstine Stewart, présidente et chef des recettes à TribalScale, est l’une des conférencières du sommet #movethedial et une pionnière dans les secteurs de la technologie et des médias au Canada. Auparavant, elle était chef de Twitter Canada et elle a été la seule femme à diriger la division anglophone de CBC/Radio-Canada.

Kristine Stewart, qui a plaidé en faveur d’un nombre accru de femmes dans le milieu technologique, a discuté avec l'équipe du site Nouvelles de la TD en prévision de sa conférence au sommet et a expliqué pourquoi elle aime travailler dans le secteur technologique, a parlé des personnes qui l’inspirent, et a discuté des raisons pour lesquelles elle croit que la diversité et l’inclusion sont essentielles à l’avenir du secteur.

Les réponses ont été raccourcies.

Q : Qu’aimez-vous dans le fait de travailler dans le secteur technologique?

R : La technologique est un milieu stimulant. Elle est présente dans tous les secteurs, tout le monde y pense et toutes les entreprises sont prêtes à aller de l’avant. Ceux qui travaillent dans ce secteur participent à la création d’applications et d’autres produits numériques qui toucheront des millions de personnes partout dans le monde.

Q : Quelle femme du secteur technologique admirez-vous et pourquoi?

R : Amber Mac. Elle a vu que le marché des médias changeait : les modèles d’affaires connaissaient des bouleversements et les entreprises misaient de plus en plus sur la technologie pour la création et la distribution de contenu. Amber est sortie de sa zone de confort et a montré l’exemple. Son succès et son message ont inspiré beaucoup d’entrepreneures, qui la considèrent comme un modèle. Elle a prouvé qu’on pouvait relever le défi : si on peut le voir, on peut y arriver.

Q : On dit beaucoup que la technologique peut avoir des conséquences négatives. Quel rôle les femmes peuvent-elles jouer pour créer une technologie fondée sur l’éthique et l’empathie?

R : Nous avons toutes un rôle à jouer pour créer une technologie basée sur l’éthique et l’empathie. En tant que dirigeantes, nous devons protéger nos utilisateurs et leurs données et nous assurer que la technologie est utilisée à bon escient. Plus globalement, il est important que les équipes qui élaborent les technologies et les produits numériques d’aujourd’hui et de demain soit elles-mêmes diversifiées et représentatives. Il est essentiel que les processus d’idéation, de conception et de développement comprennent des expériences, des perspectives et des hypothèses variées. Ainsi, le produit technologique sera moins susceptible d’isoler ou d’aliéner un groupe démographique précis.

Q : Si des jeunes femmes souhaitent joindre le secteur technologique, que devraient-elles rechercher chez un employeur potentiel pour déterminer si l’entreprise est engagée en faveur de la diversité?

R : Les valeurs de l’entreprise doivent s’aligner sur les nôtres, mais il faut aussi s’assurer que ce ne sont pas seulement de belles paroles, et que l’entreprise internalise et incarne la diversité (et toute autre valeur que l’entreprise met de l’avant). En ce qui concerne la diversité, recherchez des programmes et des politiques visant à renforcer la diversité et l’inclusion dans le milieu de travail. Pensez à la façon dont l’entreprise conserve les employés issus de la diversité, car la simple embauche d’une telle main-d’œuvre ne veut pas nécessairement dire que ces personnes sont valorisées et incluses.

Q : On entend beaucoup parler des femmes dans les STIM, mais y a-t-il une place dans le secteur pour celles qui n’ont pas de formation traditionnelle en technologie?

R : Les entreprises comprennent et reconnaissent de plus en plus la valeur qu’apportent des personnes ayant des expériences variées, que ce soit au niveau personnel, professionnel ou de leur formation. Bref, des voix et des perspectives différentes entraînent de meilleurs résultats. C’est une bonne nouvelle pour les femmes qui veulent intégrer les STIM, mais qui n’ont pas de formation traditionnelle en technologie. À mesure qu’un nombre croissant de femmes travailleront dans les STIM, nous bâtirons progressivement une masse critique qui créera un sentiment d’appartenance, ce qui attirera encore plus de femmes dans les STIM.

Chaque personne a quelque chose à offrir et ajoutera de la valeur, mais c’est aussi à nous, les femmes, d’attirer l’attention sur nous et de montrer notre valeur.

Le sommet mondial #movethedial, commandité par la TD, réunit des membres actuels et futurs du secteur technologique pour qu’ils créent des liens, apprennent comment se soutenir mutuellement, et tirent des leçons des témoignages de femmes inspirantes du secteur technologique.