4 suggestions pour mieux soutenir les personnes handicapées en milieu de travail

Par Morgan Dumas
Directrice, Communications, Valeurs Mobilières TD

Lorsque je repense à ma première entrevue à la TD au début de 2016, je me souviens que toutes les portes qui se trouvaient sur mon chemin vers la salle d’entrevue, dans l’immeuble, s’ouvraient automatiquement. Comme je me déplace en fauteuil roulant, j’ai remarqué le grand souci d’inclusion, qui permet à tous, sans égard à leurs capacités, de se déplacer dans la célèbre tour noire de la rue Wellington.

Les gens ne remarquent peut-être pas de tels détails lorsqu’ils se déplacent dans des immeubles, mais dans mon cas, ça m’a aidée à avoir confiance que je pourrais être moi-même à la TD, sans obstacle.

En tant que personne handicapée, je peux témoigner personnellement des avantages qu’il y a à embaucher plus de personnes de ce bassin de talents. Une étude publiée par Deloitte en 2010 mentionne qu’en plus d’offrir une perspective nouvelle et des possibilités d’innovation, les personnes handicapées ont d’autres qualités appréciables au travail : elles ont un rendement élevé, s’absentent plus rarement et demeurent plus longtemps en poste. Les études mesurant les avantages de pratiques d’embauche favorisant la diversité ne datent pas d’hier. Même une étude menée par DuPont en 1981, auprès de 2 745 employés handicapés, a relevé que 92 % de ces employés avaient un rendement dans la moyenne ou supérieur, comparativement à 90 % des employés sans handicap.

Et pourtant, malgré toutes les études, les personnes handicapées sont trop souvent laissées pour compte dans les conversations sur les pratiques d’embauche favorisant la diversité. Selon Statistique Canada, en 2011, le taux d’emploi des Canadiens handicapés en âge de travailler s’élevait à 49 %, comparativement à 79 % pour les Canadiens sans handicap. Et ce, malgré que la plupart des handicaps de ces personnes ne constituaient pas un obstacle à travailler.

Malheureusement, beaucoup d’idées fausses empêchent que davantage de personnes handicapées apportent leur contribution (et que les employeurs pigent dans ce bassin de talents).

Voici quatre choses que j’aimerais que les gens sachent au sujet des personnes handicapées en milieu de travail et qui permettraient aux collègues et aux entreprises de mieux nous soutenir :

1. L’adaptation du lieu de travail ne devrait pas nécessairement coûter cher, mais plutôt être novatrice

L’adaptation du lieu de travail n’est pas nécessairement compliquée et n’entraîne pas toujours des rénovations coûteuses, mais la créativité peut en faire beaucoup pour contribuer à répondre à nos besoins. Quand j’ai été embauchée, quelques-uns de mes collègues m’ont demandé de quel type d’adaptation j’avais besoin, et je leur ai expliqué que chaque personne handicapée est unique et a des besoins particuliers. C’est pourquoi il faut être créatif. Une des choses dont j’avais besoin, c’était d’un moyen de pouvoir fermer seule la porte de la cabine de toilette. L’équipe Adaptation du lieu de travail de la TD et moi avons conçu un système utilisant un crochet de métal et un aimant qui me permet de fermer et de verrouiller la porte. D’autres personnes pourraient avoir simplement besoin d’un horaire flexible, d’un certain type de clavier ou d’une approche d’apprentissage adaptée. Il suffit de demander.

2. La transparence et l’attitude de la direction comptent pour beaucoup

La transparence va dans les deux sens. En plus de comprendre les besoins de leurs employés, les entreprises et leurs leaders doivent faire preuve de transparence et d’ouverture quant à leurs politiques d’inclusion, pour donner le ton. Une culture d’inclusion part des plus hauts échelons. Si les leaders fournissent à leurs employés des renseignements sur les ressources d’accessibilité qui leur sont offertes, par exemple quant à la façon d’obtenir les services d’un interprète en langue des signes, de créer un document accessible ou de demander un texte en Braille, et font la promotion des pratiques d’inclusion de l’entreprise, celle-ci aura de plus fortes chances de recruter des personnes handicapées et de les garder en poste.

3. Mettez-vous dans la peau de l’autre pour un instant

Ce n’est qu’à notre premier cocktail entre collègues que j’ai réalisé à quel point tout le monde était grand. Après une heure à m’étirer le cou pour discuter avec mes collègues, ça m’a fait le plus grand bien que deux d’entre eux prennent place sur une chaise pour que nous puissions nous parler à la même hauteur de façon plus décontractée. Ce qui m’a marquée, c’est qu’au lieu de me demander si je préférais qu’ils s’assoient, ils ont juste discrètement tiré une chaise et ont continué la conversation au même niveau que moi sans interruption.

4. Écoutez d’abord, demandez ensuite

Lorsque j’ai rencontré ma gestionnaire pour la première fois, elle a écouté activement lorsque je parlais des choses qui m’aideraient à réussir dans mon emploi, plutôt que de me demander immédiatement ce dont j’avais besoin. Cela m’a permis de me sentir à l’aise de nommer mes besoins, sans avoir à faire face à un barrage de questions. Je me sens choyée de travailler avec des gens qui font un effort concerté pour écouter et offrir leur soutien.

Morgan Dumas

Directrice, Communications

Valeurs Mobilières TD