Andrea Barrack : Nous devons agir maintenant pour assurer la viabilité du secteur à but non lucratif

Par Andrea Barrack
Chef mondiale, Développement durable et Responsabilité sociale
Groupe Banque TD

La COVID-19 a affecté presque tous les aspects de notre vie. Jamais l’interconnexion entre les enjeux touchant la santé, la société, l’économie et l’environnement n’a été aussi évidente pour les individus et les organisations. Jusqu’à maintenant, il a beaucoup été question de l’impact de la pandémie sur le milieu des affaires, en particulier les PME. Les récentes mesures annoncées par le gouvernement pour répondre aux besoins des PME sont non seulement les bienvenues, elles sont nécessaires. Dans cette catégorie, nous devons absolument porter une attention particulière aux besoins du secteur à but non lucratif, une force vitale des collectivités dans tout le pays, qui jouera un rôle déterminant dans la reprise économique.

Selon Statistique Canada, les organismes à but non lucratif emploient 2,4 millions de personnes au pays, dont 70 % de femmes, et contribuent au PNB du Canada à hauteur de 8,5 %, soit plus que tout le secteur du commerce de détail. Actifs à l’échelle locale, régionale et nationale, ces organismes s’occupent de tous les aspects de notre vie, comme le logement et l’alimentation, les soins de santé et les services sociaux, et comprennent les YMCA communautaires et les grands établissements qui fournissent des services d’urgence et de counseling. La plupart fonctionnent avec un mélange de fonds privés et de fonds publics, tandis que d’autres génèrent des revenus grâce à des commandites, à la vente de billets et aux frais d’utilisation. Tous ont des marges très serrées.

Aider à établir la nouvelle normalité

Le secteur à but non lucratif est particulièrement bien placé pour répondre aux besoins aigus quotidiens de la société et il nous aidera à soutenir une longue reprise, à nous préparer à une possible deuxième vague et, surtout, à faciliter notre transition vers une nouvelle normalité. Au-delà des besoins immédiats d’aujourd’hui, le secteur jouera un rôle essentiel pour créer la résilience sociale dont nous avons besoin après la pandémie.  

Le secteur a des budgets opérationnels maigres et très peu de latitude pour surmonter des difficultés financières. Les organismes communautaires tentent de gérer directement la pandémie et de déterminer si elles seront en mesure de poursuivre leurs activités après une chute abrupte des revenus. De nombreuses personnes et entreprises se sont mobilisées pour répondre aux besoins immédiats du secteur durant la pandémie, notamment les soins de santé, la sécurité alimentaire, les programmes de lutte contre la violence domestique, les lignes d’aide en cas de crise et autres. Récemment, le gouvernement fédéral a annoncé un montant additionnel de 350 millions de dollars pour aider le secteur à but non lucratif. C’est opportun et important. 

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Cependant, il est également important que nous soutenions la notion de pérennité du secteur même. Nous devons trouver un équilibre entre la gestion des besoins urgents de la collectivité et la sauvegarde de la viabilité future du secteur, en particulier dans des domaines comme les arts et la culture ou l’environnement. Agir pour stabiliser le secteur à but non lucratif aujourd’hui permettra de veiller à ce que les organismes dont nous avons besoin plus tard soient là pour nous tous. Nous avons besoin d’une approche disciplinée, globale et équilibrée, et c’est urgent.

Assurer la survie du secteur

La réalité est que de nombreux organismes mettent à pied du personnel et risquent de ne pas survivre au moment où la société en a le plus besoin. Bien qu’une certaine consolidation dans le secteur à but non lucratif puisse se produire, nous pouvons travailler maintenant pour aider à renforcer la résilience dans les organismes clés grâce à des subventions de fonctionnement de base et à un accès accru aux programmes d’aide du gouvernement. Ces efforts assureront que le secteur est suffisamment en santé pour nous aider à nous préparer à un avenir incertain. Un secteur à but non lucratif fort permet de faire en sorte que notre société soit en mesure de prendre soin des plus vulnérables, relie les gens à travers les arts et la culture, et protège les espaces verts urbains qui renforcent notre bien-être et notre connexion à la nature.

Quand la TD a lancé La promesse TD Prêts à agir en 2018, nous pensions que notre accent sur quatre domaines interconnectés nous aiderait à créer un changement positif favorisant un avenir plus inclusif et durable : Sécurité financière, Meilleure santé, Collectivités inclusives et Planète dynamique. Nous n’imaginions pas qu’au début de 2020, la planète lutterait contre la COVID-19, qui a un impact profond sur la vie telle que nous la connaissons et démontre clairement le lien entre les enjeux liés à la santé, à la société, à l’économie et à l’environnement.

Par l’entremise de La promesse TD Prêts à agir, la TD a récemment lancé l’Initiative de résilience des collectivités TD – un programme complet qui comprend du financement, la mobilisation des employés et une collaboration continue avec des organismes et des groupes communautaires situés dans les régions où la TD est présente. La TD accordera 25 millions de dollars canadiens pour favoriser la résilience communautaire aujourd’hui et dans l’avenir.

Dans le cadre de l’Initiative de résilience des collectivités TD, nous avons non seulement trouvé l’occasion de soutenir les collectivités que nous servons, mais nous avons également adapté des programmes existants pour aider à faire face aux circonstances actuelles. Par exemple, le défi TD Prêts à agir, une initiative annuelle, est axé cette année sur le soutien à des solutions innovatrices visant à réagir aux conséquences disproportionnées de la pandémie de COVID-19. En changeant l’angle du défi cette année, nous pouvons favoriser un changement menant vers une reprise rapide, durable et équitable.

À mesure que nous avancerons, il faut que les organismes abordent les problèmes du secteur de manière globale. De nombreuses entreprises se sont mobilisées pour relever le défi de front en donnant de l’argent, du temps et de l’expertise aux opérations de secours liées à la COVID-19. Il est essentiel que nous aidions tous les intervenants communautaires à but non lucratif à traverser cette tempête afin que les initiatives auxquelles nous croyons puissent produire un impact maximal dans un monde post COVID-19. C’est ça la vraie pérennité. Ça n’a jamais été aussi important qu’en ce moment.

Andrea Barrack

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