Perspective des Services économique TD : Rejeter la rhétorique de la récession

Par Beata Caranci
Première vice-présidente et économiste en chef

Au milieu de la grande dépression de 1933, le président américain Franklin Roosevelt a prononcé, dans son discours inaugural, une phrase maintenant célèbre : « la seule chose dont nous devons avoir peur, c’est de la peur elle-même ». Les marchés financiers et le contexte économique d’aujourd’hui ne ressemblent en rien à cette période, mais ces mots demeurent appropriés puisqu’il est constamment question de récession dans les médias.

Examinons rapidement ce que les données nous révèlent et comparons nos observations au discours médiatique. Les indicateurs financiers et économiques doivent encore dépasser des niveaux qui signaleraient l’imminence d’une récession. C’est le premier palier à franchir. Par la suite, il faut relever les signes qui ont jusqu’à maintenant précédé de un à deux ans une récession. Puisque les cycles économiques n’évoluent pas de la même manière en raison des différences sur le plan des risques, il est important de considérer un large ensemble de données.

Indicateurs des marchés financiers :

1. Volatilité

Combien de fois avez-vous vérifié les indices boursiers à 11 h, puis à la clôture, seulement pour vous rendre compte que la situation avait changé du tout au tout? L’un des changements les plus significatifs à être survenu entre 2017 et 2018 concerne la volatilité des marchés financiers. Nous présentons ci-après divers échantillons montrant comment cette volatilité ressort des données et se compare à d’autres périodes.

Le nombre de fois où l’indice S&P 500 a fluctué de 1 % en une journée vient de dépasser la moyenne historique, mais demeure inférieur aux autres périodes hors récession. Les fluctuations soudaines des marchés boursiers peuvent donner la nausée, mais elles ne constituent pas l’élément le plus fiable pour prévoir une récession (selon une remarque célèbre de Paul Samuelson, les marchés boursiers ont prédit neuf des cinq dernières récessions). S’il faut se fier aux fluctuations des cours boursiers, nous devrions en fait en être à notre troisième récession depuis 2009. Cet indicateur s’avérera juste lorsqu’il sera finalement corroboré par d’autres actifs risqués suivant des fluctuations parallèles.

Graphique 1 : Indice S&P 500

Beata Caranci

première vice-présidente et économiste en chef

Groupe Banque TD