Services économiques TD: Prévisions économiques trimestrielles - Économie mondiale: pic d’incertitude

Jeudi dernier, les Services économiques TD ont publié leurs prévisions économiques trimestrielles, qui s’intitulent « Économie mondiale : pic d’incertitude ». Vous trouverez ci-dessous un résumé du rapport. Pour lire le rapport complet, cliquez ici


Sommaire

Le ralentissement de l’économie mondiale s’est intensifié depuis novembre, particulièrement en Europe et en Asie de l’Est. Cela découle d’une combinaison d’influences temporaires et plus insidieuses qui brouillent les cartes quant à la tendance sous-jacente. La croissance de l’économie mondiale devrait se situer à environ 3,2 % en 2019, en léger recul par rapport à notre estimation antérieure de 3,4 %. 

L’Europe subit malheureusement les effets combinés de deux facteurs négatifs. Le premier concerne les perturbations de production temporaires relatives aux nouvelles normes environnementales. Cette influence devrait s’atténuer progressivement en 2019. Le second facteur risque toutefois d’assombrir davantage les perspectives. Certaines données préliminaires laissent entrevoir un malaise sous-jacent parmi les puissances économiques européennes, ce qui témoigne probablement des effets conjugués de l’incertitude commerciale élevée, du ralentissement de la demande étrangère et de la baisse connexe de la confiance des consommateurs et des entreprises. Il y a lieu de suivre la situation de plus près pour déceler tout signe de stabilisation.

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Ce pic d’incertitude à l’échelle mondiale et le ralentissement de l’activité économique ont incité les autorités à une plus grande patience. En conséquence, le décrochage mondial des actions boursières de l’année dernière s’est largement inversé, alors que d’autres mesures des tensions sur les marchés financiers se sont relâchées. Ce calme relatif sur les marchés peut facilement être perturbé si les données économiques déçoivent régulièrement ou si des tensions politiques ravivent l’incertitude mondiale. 

L’incertitude politique et commerciale demeure le plus grand risque à court terme qui pèse sur la confiance à l’égard des marchés et sur les perspectives de croissance mondiale. Malgré un certain optimisme exprimé récemment au sujet d’un compromis sur le commerce entre la Chine et les États-Unis, nous semblons loin d’un règlement rapide des sujets plus épineux concernant les malversations au sein d’entreprises. De plus, un accord avec la Chine n’éliminerait pas complètement les risques liés au commerce. L’Union européenne et le Japon seront ensuite les prochaines cibles de l’administration américaine. Les États-Unis continuent de brandir la menace de droits de douane sur les automobiles afin de renforcer leur position dans les négociations commerciales cette année.

L’économie américaine ralentit, mais reste résiliente

L’activité économique a ralenti à la fin de 2018 mais est demeurée solide, affichant une croissance de 2,6 % au quatrième trimestre. Dans l’ensemble, la croissance économique a atteint 2,9 % en 2018. Ces estimations demeurent conformes à nos prévisions de décembre. 

Le profil trimestriel des prévisions de croissance du PIB en 2019 affiche encore une tendance baissière. Cet élément occupe une place prépondérante dans nos prévisions depuis quelque temps, à mesure que sont réduits les programmes de relance monétaire et budgétaire. La prévision de croissance de 2,4 % pour 2019 est légèrement plus basse qu’en décembre, la paralysie du gouvernement réduisant davantage la croissance au premier trimestre. Nous prévoyons une croissance de 2,0 % du PIB réel en 2020, à mesure que les précédentes mesures de relance budgétaire se transforment en vents contraires. 

Les dépenses de consommation ont fortement stimulé la croissance en 2018 malgré leur faiblesse en décembre, attribuable à la volatilité boursière et à la paralysie du gouvernement, des facteurs ayant créé une tempête parfaite. La vigueur soutenue du marché du travail continue cependant de présenter un risque à la hausse dans nos prévisions des dépenses de consommation pour 2019. 

Les dépenses de consommation ont fortement stimulé la croissance en 2018 malgré leur faiblesse en décembre, attribuable à la volatilité boursière et à la paralysie du gouvernement, des facteurs ayant créé une tempête parfaite. La vigueur soutenue du marché du travail continue cependant de présenter un risque à la hausse dans nos prévisions des dépenses de consommation pour 2019.

Cela dit, le ralentissement de la croissance mondiale et la baisse de la confiance des entreprises se traduisent par une diminution des investissements de ces dernières dans nos prévisions. De même, les investissements immobiliers sont demeurés faibles, comme nous l’avions prévu. La baisse récente des taux hypothécaires devrait avoir un effet positif. 

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La politique budgétaire continue de constituer un risque à la baisse dans l’ensemble. Même si une deuxième paralysie du gouvernement a pu être évitée, un obstacle plus important se dressera à la fin de 2019, lorsque le Congrès devra parvenir à un nouvel accord sur les dépenses. À défaut, des réductions de dépenses automatiques qui seraient dommageables entreraient en vigueur. Toutes choses étant égales par ailleurs, ce facteur compromettrait fortement notre estimation de croissance du PIB réel pour 2020, la réduisant à 1,3 %. Étant donné les difficultés récentes qu’ont éprouvé les décideurs à Washington à s’entendre sur les niveaux de financement de l’exercice en cours, ce risque est plus important que jamais. 

Compte tenu de la propagation du ralentissement de la croissance économique au niveau international et de la persistence des risques à la baisse, la Réserve fédérale américaine a adopté une approche attentiste. Nous ne prévoyons plus de hausses de taux d’intérêt de la part de la Réserve fédérale, et toute hausse future dépendra d’une croissance économique robuste se traduisant par de plus amples attentes d’inflation, ce qui fait actuellement défaut. 

Canada : les consommateurs mettent la pédale douce

Les perspectives à court terme sont indéniablement faibles. L’économie fait du surplace en raison de la faiblesse généralisée de la demande dans le pays. La croissance du PIB réel a été d’à peine 0,4 % au quatrième trimestre de 2018 et une légère contraction de la production économique est attendue au premier trimestre de 2019. Toutefois, une dynamique de croissance plus positive devrait s’installer par la suite, quand se produira une inflexion des réductions de production de pétrole et avec des marchés de l’emploi toujours en bonne santé. 

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Les perspectives à court terme sont indéniablement faibles. L’économie fait du surplace en raison de la faiblesse généralisée de la demande dans le pays.

Les pressions à court terme réduisent notre prévision du taux croissance du PIB pour l’ensemble de 2019 à 1,2 %, mais nous prévoyons une accélération qui devrait faire passer ce taux à 1,8 % en 2020. Cette perspective devrait être suffisante pour maintenir le taux de chômage à environ 5,9 %.

À l’heure actuelle, la résilience des dépenses des ménages canadiens est l’élément qui nous préoccupe le plus. Ces derniers mois, les dépenses de consommation ont été plus décevantes que prévu, notamment en ce qui concerne les achats qui sont davantage reliés aux ventes de maison et aux taux d’intérêt. Nous avions toujours pris en compte un cycle de « désendettement en douceur » dans nos prévisions; les données récentes semblent confirmer ce scénario, mais peut-être d’une manière plus vigoureuse que souhaité. À mesure que plus de données deviennent disponibles, nous veillerons à confirmer que la robustesse du marché du travail et une progression plus faible des taux d’intérêt continuent de représenter des éléments favorables à nos prévisions. 

Auteurs contributeurs: Beata Caranci, première vice-présidente et économiste en chef, Derek Burleton, vice-président et économiste en chef adjoint, Brian DePratto, économiste principal.

Beata Caranci

première vice-présidente et économiste en chef

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