Ce que peuvent faire les milieux de travail pour éliminer les obstacles et soutenir les employés autistes

Anthony Spezzano s’est joint au groupe Gestion des risques liés aux marchés des capitaux de la TD en 2017. Il avait alors 22 ans. Nouvellement titulaire d’un diplôme en science cognitive, M. Spezzano comptait bien trouver un emploi stimulant grâce à ses compétences en résolution de problèmes.

En tant qu’autiste, M. Spezzano craignait d’avoir de la difficulté à trouver un milieu de travail où il utiliserait pleinement ses compétences. Il s’est vite aperçu que le processus de recrutement habituel ne lui donnait pas l’occasion de se présenter de la meilleure façon qui soit aux employeurs potentiels.

Il ne fait aucun doute que les milieux de travail de l’avenir devront accéder à des bassins de talents plus diversifiés pour réussir, mais comment deviendront-ils plus accommodants et inclusifs?

Lors d’une conversation avec l’équipe Nouvelles de la TD, M. Spezzano nous a parlé de sa propre expérience sur le marché du travail ainsi que des mesures que peuvent prendre les entreprises pour améliorer leur processus de recrutement.

Q : Vous avez reçu un diagnostic d’autisme à l’âge de 20 ans. Quel impact ce diagnostic a-t-il eu sur votre vie?

R : Ça m’a complètement ouvert les yeux. C’était comme si je venais de résoudre une énigme. Bien sûr, il m’a fallu être conscient de certains préjugés, mais j’ai vécu en même temps une sorte de catharsis personnelle lorsque j’ai fini par comprendre mon comportement.

J’ai été élevé dans divers foyers d’accueil, et ce, dans une dizaine de villes. Je suis donc allé dans une demi-douzaine d’écoles. Au fil des ans, j’ai reçu tellement de conseils sur la façon de corriger mes troubles émotifs et mon comportement et d’améliorer mes résultats scolaires, alors qu’on ne savait pas que j’étais atteint d’un trouble du spectre de l’autisme. Le diagnostic a levé le voile sur un mystère concernant ce que je vivais.

Q : Aviez-vous des inquiétudes lorsque vous cherchiez un emploi après l’obtention de votre diplôme?

R : J’avais peur qu’on ne m’offre pas un travail stimulant. On tient pour acquis que les gens doivent toujours s’adapter à leur environnement de travail et aux rôles qu’on leur demande d’assumer, jamais le contraire. La peur de ne pas utiliser pleinement mes compétences et de devoir fréquemment faire des compromis me décourageait, mais je continuais de persévérer. Je suis très bon lorsque les détails, les cadres de travail et les paramètres techniques sont clairs. Une des inquiétudes que j’avais en dévoilant mon autisme était la capacité du lieu de travail à s’adapter à mes besoins. Je ne suis pas incapable de m’adapter, mais c’est beaucoup plus facile si l’employeur s’adapte aussi à la personne afin de mieux faire appel à ses aptitudes.

Q : Le processus d’entrevue de la TD était-il différent de vos expériences précédentes?

R : Lorsqu’on fait une demande d’emploi, il faut savoir si on est capable de se faire valoir selon le type d’entrevue. Par exemple, est-ce une entrevue de groupe, une rencontre individuelle ou une entrevue téléphonique? Il est possible que je ne sois pas tout à fait à l’aise dans certains scénarios, mais plus à l’aise dans d’autres. Comme la TD s’engage à recruter des talents diversifiés, elle collabore avec Specialisterne, un organisme qui aide les entreprises à embaucher des personnes autistes. Cela m’a donc permis d’avoir un processus de demande d’emploi qui tient compte de ma neurodiversité. L’éventuel poste qu’on m’a offert correspondait également à mes compétences.

Q : Pouvez-vous nous parler davantage du processus d’entrevue?

R : Le processus avec Specialisterne mettait l’accent sur la compréhension de mes aptitudes. On a isolé mes comportements dans un environnement contrôlé où les stimuli, à la fois nouveaux et habituels, étaient surveillés par Specialisterne, et mes réactions étaient calibrées. Par exemple, ma capacité d’attention et ma flexibilité cognitive ont été mesurées pendant un atelier où on m’a fourni des blocs en plastique, un ensemble de robotique programmable avec des capteurs et un ordinateur portable. À l’aide des jouets et de la technologie, je devais créer et résoudre des problèmes, notamment programmer une voiture robotisée autonome. Toutes ces tâches ont permis d’évaluer si certains postes me convenaient. Pour la première fois en entrevue, je ne me sentais pas laissé-pour-compte.

Q : Jusqu’à maintenant, comment évaluerez-vous votre expérience à la TD?

R : Avant de commencer, j’étais légèrement anxieux en me demandant si on allait m’accepter. Cela dit, je n’avais pas à m’inquiéter. Il existe à la TD un écosystème d’intégrité et d’inclusion qui va au-delà de votre groupe de travail immédiat. Bien qu’il y ait certains groupes où c’est davantage le cas, les principes directeurs de cette entreprise valent de l’or, selon moi. De plus, l’approche de la direction est brillante sur le plan émotif et je trouve qu’ici, on a vraiment l’occasion de croître et d’apprendre.

Q : Que peuvent faire les entreprises afin d’améliorer leur processus de recrutement pour les personnes atteintes d’un trouble du spectre de l’autisme?

R : Il est primordial de créer un environnement qui tient compte des besoins uniques de chacun dans le processus. Montrer que vous êtes une entreprise qui offre des mesures d’adaptation tout en faisant preuve de flexibilité peut faire de vous un allié incroyable. Les entreprises de l’avenir mettront l’accent sur la création des meilleures conditions de travail pour les personnes issues de la diversité, y compris la diversité des idées.

Q : Y a-t-il autre chose concernant l’autisme au travail dont vous voulez nous faire part?

R : Le diagnostic d’autisme a été un événement très important pour moi et m’a fait découvrir à quel point les gens en savent peu sur l’autisme et ne sont pas préparés à devenir des alliés pour les personnes atteintes d’un trouble du spectre de l’autisme.

Je suggère à toutes les entreprises de travailler à accorder le plus de ressources possible afin d’aller au-delà de la simple sensibilisation. Il faut que l’entreprise s’engage réellement à embaucher des personnes autistes et à travailler avec celles-ci afin d’être mieux outillée pour tirer pleinement parti de leurs forces en milieu de travail.

Pour en savoir plus sur Specialisterne (à titre d’employeur ou de candidat), visitez le ca.specialisterne.com/fr