Comment parler de finances avec un être cher aux prises avec l’Alzheimer

Pour les Canadiens et les Canadiennes, l’argent constitue la plus grande source de stress. En effet, des recherches menées en 2018 par le Conseil des normes de planification financière montrent que plus de 48 % des gens au Canada déclarent souffrir d’insomnie en raison du stress lié à l’endettement ainsi qu’à la gestion des dépenses du ménage, de l’épargne en vue de l’atteinte d’objectifs et des dépenses imprévues. Ce que nous gagnons, dépensons et épargnons n’affecte pas seulement notre compte bancaire, mais aussi notre bien-être mental.

La TD collabore avec le Centre de toxicomanie et de santé mentale pour expliquer comment la relation entre le bien-être financier et le bien-être mental touche la vie des Canadiens. Cette série offre également au public et aux fournisseurs de soins des conseils sur les façons de gérer le bien-être financier et émotionnel dans le but de lutter contre certains préjugés qui nous empêchent d’avoir des conversations saines en lien avec l’argent et la santé mentale.


Un diagnostic d’Alzheimer, qui est un sous-type de démence, peut se traduire par une perte de qualité de vie, tant pour la personne aux prises avec la maladie que pour ses proches et les personnes qui prennent soin d’elle.

Selon l’Alzheimer’s Association, plus de 747 000 Canadiens vivent avec l’Alzheimer ou une autre forme de démence, des problèmes de santé qui peuvent causer une perte de mémoire et des modifications du comportement. Les symptômes au stade précoce de la maladie sont minimes, mais ils s’aggravent à mesure que la maladie progresse. Cela ne nuit pas seulement au bien-être physique et mental de la personne touchée, mais également à sa capacité à gérer ses responsabilités quotidiennes.

Lorsqu’un proche est aux prises avec la maladie d’Alzheimer, les conversations avec la famille et les êtres chers sur des sujets importants, comme les finances personnelles, deviennent essentielles. Savoir comment aborder cette discussion et quelles sont les mesures à mettre en place peut s’avérer indispensable à son bien-être financier.

Voici six choses dont il faut tenir compte lorsqu’on s’apprête à parler à un être cher de son bien-être financier.

Abordez le sujet tôt dans le processus

Parler de finances personnelles à un être cher peut s’avérer difficile, et ce, peu importe son état de santé.

Comme les signes et symptômes de la maladie d’Alzheimer peuvent comprendre des oublis, de la difficulté à communiquer ainsi que des changements d’humeur et de comportement, il est nécessaire de tenir une première conversation portant sur les finances avec votre proche le plus tôt possible.

Selon l’Alzheimer’s Association, plus de 747 000 Canadiens vivent avec l’Alzheimer ou une autre forme de démence.

« Dans un monde idéal, on souhaite que la personne continue de participer à la prise de décisions autant que possible », explique la Dre Donna Kim, psychiatre gériatrique au Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH) à Toronto.

« Cette conversation sera vraisemblablement forte en émotions pour tous les gens concernés. Assurez-vous, dans ce contexte, de ne pas accabler la personne touchée par la maladie par une série de questions ou de demandes de toutes sortes lors d’une seule conversation (ou au même moment). »

Comme les capacités cognitives de l’être cher pourraient déjà être sur leur déclin, vous pourriez avoir à répéter plusieurs fois la même information.

« N’oubliez pas que votre rôle est d’aider et non de submerger la personne de vos demandes », précise la Dre Kim.

Abordez la discussion avec tact

Puisque vous pourriez devoir tenir plusieurs conversations au sujet des finances avec votre proche, Dre Kim explique que les membres de la famille et les soignants doivent chercher à aborder le sujet avec tact et expliquer le contexte de la discussion.

« Dites à la personne que son intérêt vous tient à cœur et que vous savez qu’elle a travaillé dur toute sa vie pour accumuler ses avoirs à ce stade-ci de sa vie », indique la Dre Kim.

Faites savoir à votre proche que personne ne tente de tirer financièrement avantage de la situation. En tant que membre de la famille ou soignant, vous voulez avant tout vous assurer que les actifs de la personne chère sont protégés et correctement gérés.

Confirmez la mise en place des questions financières

Dans votre rôle de soignant, Dre Kim indique qu’il est important que vous saisissiez clairement l’état des finances de votre proche.

Vérifiez si votre proche dispose des documents nécessaires, comme une procuration, et que la personne nommée mandataire de la procuration est digne de confiance et peut intervenir, au besoin, dans la gestion des finances de votre proche en ayant son intérêt à cœur.

« Assurez-vous que tous les documents juridiques et financiers sont conservés dans un endroit sûr dans l’éventualité où vous ou le mandataire de la procuration deviez y avoir accès à l’avenir », ajoute Dre Kim.

Configurez des paiements de factures automatiques

Une personne aux prises avec la maladie d’Alzheimer peut avoir de plus en plus de difficulté à gérer son argent. Par exemple, elle pourrait avoir involontairement oublié de payer des factures ou, au contraire, les avoir payées deux fois.

Pour veiller à ce que les dépenses mensuelles telles que celles relatives aux services publics, au téléphone ou téléphone cellulaire et aux cartes de crédit soient payées correctement et à temps, proposez à la personne de configurer des paiements de factures automatiques à partir de son compte bancaire. Vous saurez ainsi que les documents adéquats sont en place tout en ayant l’assurance que les priorités financières de votre proche ne sont pas négligées.

Soyez à l’affût des éventuelles arnaques financières

Selon un récent sondage mené par la TD au sujet de la fraude, près de 59 % des répondants se disent préoccupés par la vulnérabilité à la fraude des membres âgés de leur famille, tandis que moins de la moitié des répondants (45 %) affirment avoir eu une conversation avec les aînés de leur famille pour leur dire de se méfier de la fraude financière.

Selon un récent sondage mené par la TD au sujet de la fraude, près de 59 % des répondants se disent préoccupés par la vulnérabilité à la fraude des membres âgés de leur famille, tandis que moins de la moitié des répondants (45 %) affirment avoir eu une conversation avec les aînés de leur famille pour leur dire de se méfier de la fraude financière.

Même s’il est important de parler avec vos proches de la façon dont ils peuvent se protéger, n’oubliez pas que la dégradation de leur état peut leur rendre difficile la tâche de se souvenir de prendre garde aux arnaques. Apprenez à détecter certaines des arnaques les plus fréquentes, notamment les stratagèmes amoureux de fraude, la fraude par loterie et l’arnaque des grands-parents. Vous serez donc en mesure de signaler ces signaux d’alerte ou ces préoccupations, le cas échéant.

La configuration d’alertes de fraude pour le compte bancaire de votre proche pourrait aussi contribuer à atténuer certaines de ces préoccupations. Les personnes âgées peuvent recevoir des messages textes qui les avisent si leur institution financière a détecté une activité douteuse dans leur compte bancaire personnel.

Ne vous y prenez pas seul

Prendre soin d’un proche atteint de la maladie d’Alzheimer est une tâche qui peut se révéler particulièrement difficile et ardue : la maladie est en constante progression et ne se stabilisera pas, pas plus qu’elle ne s’améliorera, nous rappelle la Dre Kim.

« Peu importe les décisions que vous contribuerez à prendre, financières ou médicales, il est important que vous obteniez du soutien et que vous vous entouriez de gens qui sont en mesure d’alléger votre fardeau. De cette façon, vous n’êtes pas seul à devoir prendre des décisions qui serviront les intérêts de cette personne qui vous est chère », conclut-elle.

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