La culture et l’argent : ce que la coutume mexicaine de la tanda m’a appris sur l’épargne

Notre attitude envers l’argent est souvent influencée par notre famille et notre culture. Nos choix quant aux investissements, aux dons, à l’épargne et aux dépenses, ainsi que le rôle que joue l’argent dans certaines fêtes et traditions, peuvent nous enseigner des leçons de vie importantes et influencer notre perception des finances.

Dans le cadre de notre série La culture et l’argent, nous célébrons de tels moments d’apprentissage par de courts récits sur certaines pratiques d’ici et d’ailleurs qui peuvent servir d’importantes leçons sur les finances.


La tanda

La tanda est une forme d’épargne organisée entre amis, voisins ou collègues, qui cotisent un montant d’argent prédéterminé toutes les semaines. La somme amassée est ensuite distribuée aux participants à tour de rôle; la personne qui la reçoit peut soit mettre l’argent de côté ou s’en servir pour faire un achat majeur qui dépasse ce qu’elle peut habituellement se permettre.

Où : Mexique (et autres cultures latino-américaines). Il existe aussi des traditions similaires portant d’autres noms dans d’autres cultures.

Quoi : Aussi appelé « cudina », ce régime d’épargne forcée dépend de la confiance sociale et peut également être organisé entre collègues.

Comment :

  • Chaque membre donne un montant d’argent défini (par exemple une portion de son salaire hebdomadaire) pour une période convenue.
  • Chaque fois que l’argent est récolté, un membre du groupe, choisi au hasard ou selon un calendrier, reçoit toute la cagnotte, jusqu’à ce que chacun l’ait reçue (des arrangements peuvent être pris pour les personnes ayant un besoin urgent de fonds).
  • Par exemple, une tanda de huit personnes qui versent 200 $ chacune chaque mois durera huit mois. Ainsi, chaque membre reçoit à un moment donné la somme de 1 600 $.

Quand : Une tanda peut être organisée à tout moment et sert principalement pour des objectifs d’épargne à court terme. Au Mexique, des millions de citoyens s’en servent pour payer des célébrations ou des dépenses d’urgence; c’est aussi un moyen pour des personnes qui n’ont pas accès à du crédit de répondre à leurs besoins.


 

« C’est une façon pour les gens de s’aider les uns les autres à épargner pour quelque chose qui aurait pu leur prendre beaucoup plus de temps autrement. »

 

Une leçon apprise

Maureen Paredes, qui a grandi à Mexico, a vu sa mère participer à des tandas dès sa tendre enfance.

« La connexion intime, personnelle que ma mère avait avec son groupe signifiait que pour participer à la tanda, il fallait une grande confiance et un grand sens de l’honneur entre amis », souligne-t-elle.

Née dans une famille de cinq, Maureen affirme qu’une fois payés les factures et les versements hypothécaires, il était difficile pour sa famille d’épargner. Et bien que plusieurs personnes au Mexique n’utilisent pas les services financiers et le crédit traditionnels ou n’y ont pas accès, la famille de Maureen mettait l’argent récolté dans les tandas dans un compte d’épargne pour divers objectifs et besoins.

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« C’était un excellent moyen d’épargner pour des plaisirs plus immédiats, comme des vacances en famille, ou pour une utilisation à plus long terme, par exemple des rénovations, sans aucune culpabilité », souligne Maureen.

Maintenant adulte, Maureen a retenu la leçon de la tanda et pris l’habitude d’épargner. Elle veille à ce qu’elle et son mari mettent de l’argent de côté pour des objectifs à court terme et à long terme, comme la retraite.

« Quand j’étais plus jeune, pouvoir épargner était un luxe, note-t-elle. Maintenant, j’ai l’occasion de profiter de ce savoir et d’utiliser l’épargne comme un investissement dans mon avenir. »