Le stress du proche aidant : conseils pour prendre soin de vous

Pour les Canadiens et les Canadiennes, l’argent constitue la plus grande source de stress. En effet, des recherches menées en 2018 par le Conseil des normes de planification financière montrent que plus de 48 % des gens au Canada déclarent souffrir d’insomnie en raison du stress lié à l’endettement ainsi qu’à la gestion des dépenses du ménage, de l’épargne en vue de l’atteinte d’objectifs et des dépenses imprévues. Ce que nous gagnons, dépensons et épargnons n’affecte pas seulement notre compte bancaire, mais aussi notre bien-être mental.

La TD collabore avec le Centre de toxicomanie et de santé mentale pour expliquer comment la relation entre le bien-être financier et le bien-être mental touche la vie des Canadiens. Cette série offre également au public et aux fournisseurs de soins des conseils sur les façons de gérer le bien-être financier et émotionnel dans le but de lutter contre certains préjugés qui nous empêchent d’avoir des conversations saines en lien avec l’argent et la santé mentale.


Être un proche aidant fait partie de la vie d’un nombre grandissant de Canadiens. Ce rôle important peut s’avérer gratifiant quand on est en mesure d’être présent pour un être cher à une période où il en a besoin. Néanmoins, il comporte son lot de stress et de difficultés.

D’après Statistique Canada, plus d’un Canadien sur quatre passe régulièrement du temps à fournir des soins à des membres de la famille et à des amis atteints de maladies chroniques ou de handicaps. En plus de s’occuper de leur être cher, les proches aidants doivent souvent composer avec d’autres exigences, comme le travail ou les enfants.

« En général, les proches aidants ont tellement tendance à faire passer leurs êtres chers en premier qu’elles finissent par s’oublier », mentionne la Dre Yona Lunsky, scientifique chevronnée et directrice du Centre Azrieli sur les troubles du développement du cerveau et les maladies mentales des adultes, au Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH) de Toronto.

« Le rôle de proche aidant peut être très gratifiant, mais la conciliation de ces responsabilités et des autres obligations quotidiennes a une grande incidence émotionnelle, physique et financière », affirme la Dre Lunsky, qui collabore avec des proches aidants dont les proches sont atteints de déficiences développementales.

« La plupart du temps invisibles, cachées et inattendues, ces difficultés peuvent perturber la vie des proches aidants, même ceux qui sont les plus résilients. »

Maintenir son bien-être émotionnel et physique

Selon la Dre Lunsky, comme la situation de chaque proche aidant est différente, certains gèrent mieux que d’autres les tâches liées à leur rôle.

« Par exemple, si vous prenez soin de votre enfant qui a reçu un diagnostic de maladie ou de handicap à un jeune âge, vous deviendrez sans doute plus familier et plus à l’aise avec les responsabilités de proche aidant au fil du temps, comparativement à ceux qui doivent s’occuper d’un conjoint ou d’un parent du jour au lendemain », explique-t-elle.

La Dre Lunsky souligne que peu importe le type de soins fournis, il est important de connaître les répercussions que cette situation aura sur votre vie quotidienne.

« Portez attention à vos habitudes de sommeil et d’alimentation, à ce que vous ressentez émotivement et physiquement, et à ce qui a changé depuis que vous êtes un proche aidant, dit-elle. Avez-vous toujours une vie sociale? Avez-vous des occasions de vous concentrer sur d’autres intérêts que ceux qui concernent vos responsabilités de proche aidant, même de façon modeste? Ce sont des considérations importantes au moment d’analyser votre bien-être mental et physique. »

Il n’existe pas de solution unique pour tous les proches aidants. Toutefois, la Dre Lunsky souligne l’importance d’explorer des options pour favoriser votre santé émotionnelle et physique. Après tout, si vous ne prenez pas soin de vous, vous n’arriverez à prendre soin de personne d’autre.

« Il peut s’agir de rester physiquement et socialement actif, de parler à un membre de la famille, à un ami ou à un professionnel, d’obtenir du soutien et des services pour les proches aidants et de prendre des pauses en partageant les tâches de proche aidant avec d’autres si possible », mentionne-t-elle. 

En plus de veiller à leur propre santé mentale et physique, les proches aidants doivent tenir compte d’un autre facteur : la gestion des répercussions financières, ce que bon nombre d’entre eux négligent de faire, d’après la Dre Lunsky. Si on n’y prend pas garde, le stress financier risque d’ajouter un fardeau à une situation déjà difficile.

Favoriser le bien-être financier

Selon une étude réalisée par l’Université de l’Alberta en 2014, 15 % des proches aidants occupant un emploi réduisent leur temps de travail de neuf à dix heures par semaine en moyenne pour s’occuper de leur être cher. Par ailleurs, le Conference Board du Canada estime à environ 1,3 milliard de dollars le coût annuel en productivité perdue pour les employeurs canadiens.

« Si vous êtes un proche aidant à temps plein, vous ne touchez probablement aucun revenu », mentionne la Dre Lunsky. Mais dans bien des cas, même si vous ne fournissez des soins qu’à temps partiel, les tâches et responsabilités qui s’y rapportent peuvent interférer avec votre présence au travail ou avec votre capacité de travailler.

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Selon Colleen Stewart, directrice régionale, Services fiduciaires à la TD, c’est parfois la prestation de soins en tant que telle qui peut coûter très cher.

« Souvent, des dépenses comme les frais médicaux ou de transport, voire l’embauche d’une aide pour les soins, peuvent faire grimper les coûts », dit-elle. Par ailleurs, Mme Stewart affirme que si la personne dont vous vous occupez n’a pas prévu les documents appropriés, tels qu’une procuration relative au soin de la personne ou une procuration relative aux biens, les proches aidants pourraient être laissés à eux-mêmes pour gérer les aspects financiers et la prestation des soins.

D’après la directrice, alors que de nombreuses personnes font appel à un conseiller financier pour les moments significatifs comme l’achat d’une maison, la planification d’imprévus – comme prendre soin d’un être cher – est rarement considérée comme une priorité. Étant donné que la plupart des gens sont susceptibles de devenir un proche aidant informel pour un ami ou un membre de leur famille au cours de leur vie, Mme Stewart souligne qu’il pourrait s’avérer indispensable de prendre ces mesures afin d’être préparé financièrement à une telle éventualité.

« Nous savons le rôle primordial que jouent les proches aidants. Prévoir le coup en prenant des mesures financières et en ayant les documents appropriés peut faire une grosse différence, non seulement pour le proche aidant, mais aussi pour la personne qui reçoit les soins. »