Les Canadiens ont-ils un faux sentiment de sécurité lorsqu’il s’agit de fraude financière?

Sommes-nous plus vulnérables à la fraude financière lorsque nous sommes seuls?

Sommes-nous plus la proie des fraudeurs lorsque nous vivons un important changement de vie?

Sommes-nous plus exposés à la fraude que nous le pensons?

Selon les résultats d’un nouveau sondage mené par la TD pour souligner le Mois de la prévention de la fraude, la réponse à ces trois questions serait : oui. 

Il semble que la fraude soit le sujet de l’heure. Elle fait les manchettes d’un océan à l’autre : les fraudeurs financiers continuent à cibler un grand nombre de Canadiens.

La fraude est un problème omniprésent et grandissant. En fait, le Centre antifraude du Canada a annoncé récemment qu’au cours des 31 premiers jours de 2020, les Canadiens avaient déjà déclaré avoir perdu 4,2 millions de dollars aux mains des fraudeurs : comme cela n’inclut pas les pertes non déclarées, le chiffre réel pourrait être beaucoup plus élevé. 

Les attaques frauduleuses continuent de cibler les Canadiens par tous les moyens – appels téléphoniques, courriels, messages texte et même le courrier. Pourtant, dans un sondage mené récemment par la TD pour le Mois de la prévention de la fraude, seulement 13 % des répondants ont déclaré se sentir personnellement vulnérables à la fraude. 

Cela soulève la question suivante : les Canadiens ont-ils un faux sentiment de sécurité lorsqu’il est question de fraude financière? 

« En réalité, aucun groupe n’est plus susceptible qu’un autre de subir la fraude, car un fraudeur va cibler n’importe qui, de tout âge et à toute étape de la vie, affirme Tammy McKinnon, chef, groupe Crimes financiers et Gestion des fraudes à la TD. C’est pourquoi il est si important de mettre en lumière les fraudes et tactiques courantes employées par les fraudeurs pour exploiter la vulnérabilité des gens. »

L’isolement social pourrait être un facteur clé

Le sondage de la TD a révélé qu’une majorité (61 %) de Canadiens font un lien étroit entre l’isolement social et la vulnérabilité à la fraude; ce lien a du sens, car une personne socialement isolée ne connaît peut-être personne qui peut lui faire remarquer qu’elle fait face à une attaque frauduleuse.

En 2019, l’Angus Reid Institute a publié une étude sur l’isolement social au Canada, qui affirmait qu’environ 15 % des répondants canadiens se disaient isolés. Bien qu’au Canada, cette question commence à être abordée et débattue, dans d’autres pays, les gouvernements ont commencé à s’attaquer à l’isolement social en mettant en place des politiques. Par exemple, à la fin de 2018, le gouvernement britannique a lancé une stratégie pour s’attaquer à la solitude en Grande-Bretagne, nommant à cette fin une « ministre de la Solitude ». 

« Les fraudeurs sont habiles pour trouver une vulnérabilité et l’exploiter, poursuit Mme McKinnon. Il est possible que des personnes socialement isolées soient une cible plus vulnérable parce qu’elles peuvent être moins susceptibles de parler à quelqu’un d’autre de leurs soupçons au sujet d’une fraude éventuelle. »

Les âges et les étapes de la vie

Les résultats du sondage de la TD indiquent aussi que les Canadiens croient que les changements dans la vie – divorce, perte d’un proche, départ de la maison familiale – peuvent accroître la vulnérabilité aux arnaques. Par exemple, une personne qui vient de vivre un divorce et qui commence à faire des rencontres peut être plus vulnérable à une fraude amoureuse. Une personne cherchant un emploi pour la première fois pourrait ne pas remarquer les indicateurs d’alerte de fraude liée à une offre d’emploi, et être victime d’une telle fraude. 

Le Mois de la prévention de la fraude est une très bonne occasion de rehausser la conversation et de mieux sensibiliser et informer les Canadiens sur les moyens de protéger leur identité et leurs finances contre les fraudeurs financiers », ajoute Mme McKinnon.

Bien que les Canadiens soient les premiers responsables de se protéger contre la fraude, des organisations telles que les banques ont aussi un rôle à jouer, soit en mettant au point des outils à l’intention des consommateurs comme les alertes de fraude et les fonctions de contrôle de carte, soit en mettant en place des systèmes de détection de la fraude en arrière-plan ou en sensibilisant les consommateurs à la façon de mieux se protéger.

Fossés générationnels

Les résultats du sondage ont aussi révélé un écart important entre la façon dont certaines générations perçoivent les autres et la façon dont elles se perçoivent. Par exemple, la génération Z ou les étudiants (29 %) et les milléniaux (16 %) sont les groupes d’âge les plus susceptibles de se sentir vulnérables à la fraude ou ciblés par la fraude, tandis que les autres générations perçoivent ces groupes comme plus susceptibles d’adopter des comportements risqués tels que le partage excessif de renseignements personnels sur les médias sociaux (44 % et 52 %, respectivement), ce qui peut faire d’eux une cible plus probable pour les fraudeurs. 

En ce qui concerne les baby-boomers, le sondage a démontré que 92 % des répondants signalent que, personnellement, ils ne se sentent pas vulnérables à la fraude. Cela contredit directement la perception largement répandue d’autres générations au sujet de la vulnérabilité des baby-boomers à la fraude, principalement parce que l’on perçoit qu’ils ont moins de connaissances technologiques (72 %), qu’ils possèdent plus de biens pouvant être ciblés (51 %) et qu’ils font généralement confiance (48 %). 

Même si les connaissances technologiques, la diminution de la quantité d’information partagée sur les médias sociaux et une vigilance soutenue sont tous des moyens d’éviter des tactiques de fraude courantes, les fraudeurs continuent à cibler des Canadiens de tout âge et à toute étape de la vie. Nous devons donc tous surveiller les indicateurs d’alerte et faire preuve de prudence.

Comment vous protéger

Les Canadiens peuvent prendre plusieurs mesures pour détecter et contrer la fraude :

  • Pensez-y à deux fois avant d’envoyer de l’argent – il faut toujours savoir avec qui l’on fait affaire, que ce soit pour envoyer ou recevoir de l’argent. Soyez prudent avant d’envoyer de l’argent à une personne, surtout si vous venez de la rencontrer en ligne.
  • Consultez régulièrement vos relevés, vos comptes en ligne ou vos applications bancaires – surveillez vos comptes et signalez toute opération que vous ne reconnaissez pas.
  • Utilisez les outils fournis – demandez à votre banque quels outils elle offre pour vous aider à rester vigilants, par exemple les alertes de fraude par message texte, des outils de suivi des dépenses, la possibilité de bloquer ou de limiter des opérations sur des cartes de crédit et de débit.
  • Assurez la sécurité de vos mots de passe – les mots de passe, les NIP et les autres codes d’accès des services bancaires doivent être tenus secrets. Choisissez toujours un mot de passe sans lien avec un renseignement facile à trouver, comme la date de naissance et les numéros de téléphone.
  • Si vous êtes victime d’une fraude, SIGNALEZ-LA – il est impératif que les personnes ayant perdu de l’argent aux mains d’un fraudeur le signalent à la police et au Centre antifraude du Canada. Et partagez votre histoire, car votre expérience peut aider quelqu’un d’autre à éviter le même piège.

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